Fratrie et handicap, la complicité de deux soeurs

Submitted by marieke on Mon, 10/01/2018 - 15:12

Tania 6 ans essaie de hisser sa soeur Natacha de Montmollin 8 ans sur un caillou

Un jour, j’ai rencontré à une place de jeu une maman avec son fils non-voyant de 4 ans. J’étais accompagnée de mes 2 filles, ma fille non-voyante Natacha et sa soeur, elles avaient 7 et 5 ans à cet époque. Mes filles sont allées vers les jeux, la maman les regardait partir et m’a dit que son mari et elle avaient décidé de ne pas avoir d’autres enfants, afin de pouvoir s’occuper pleinement de leur fils.

 

Je ne partage pas cet avis, je pense au contraire qu’un frère ou une soeur apporte beaucoup à un enfant avec un handicap. Natacha a appris beaucoup de choses de sa soeur, mais sa soeur aussi d’elle, elles ont grandi ensemble et ceci a été favorable pour l’une comme pour l’autre.

 

Natacha de Montmollin s’est rendu compte petit à petit de la différence entre elle et sa soeur, que sa soeur voyait, mais sans sentir de la jalousie. Natacha a joué son rôle de grande soeur avec passion. J’avais l’habitude de lui lire des histoires, et Natacha, le jour après, « lisait » le livre à sa soeur. Cela a développé sa mémoire, et lui est encore utile maintenant!

 

Elles ont toujours beaucoup joué ensemble et Natacha est restée la grande soeur, même si parfois elle avait besoin de sa petite soeur. J’ai toujours cherché à acheter des jeux et jouets adaptés aux handicapés de la vue, ou je les ai adaptés.

 

Un jour, nous étions en promenade, et il y avait des chevaux dans un pré. Tania, 3 ans, partait en courant pour les voir de plus près, mais elle s’est arrêtée après quelques mètres, a tapé avec sa main contre sa jambe comme je le faisais toujours, a tendu son bras et a dit, viens, il y a des chevaux. Elle avait compris ce que signifiait le handicap de sa soeur.

 

D’autres choses se sont mises en place, tout naturellement. Tania s’est rapidement rendu compte que si elle disait à sa soeur « donne-moi ce truc là-bas », la réponse était invariablement « tu veux quoi? ». Alors elle a aussi pris l’habitude de nommer les objets et les endroits.

 

Nous allions au cinéma ensemble, Natacha au milieu, et nous lui racontions ce qui se passait à l’écran. Plus tard, elles y allaient ensemble, avec beaucoup de plaisir.

 

Maintenant que mes 2 filles sont adultes et mamans à leur tour, je suis contente qu’elles aient pu grandir ensemble, et pas comme enfant unique.

 

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